Politique en itinérance
Journée d’actions régionales du RSIQ
Gatineau, le 10 mai 2010. Dans le cadre de la journée d’actions régionales du Réseau SOLIDARITÉ Itinérance du Québec (RSIQ), Le Collectif régional de lutte à l’itinérance en Outaouais (CRIO) relançait sa demande pour une véritable Politique en itinérance. Gatineau s’est donc jointe à plusieurs autres villes du Québec pour exiger du gouvernement Charest qu’il mette en place le plus rapidement possible une telle Politique, comme le demande le rapport de la Commission parlementaire tenue sur le sujet l’an dernier.
En effet, selon Louise Guindon, présidente du CRIO : « il est malheureux de constater que le phénomène de l’itinérance dans notre région ne cesse de croître et que les réponses sont encore trop souvent fragmentées et pas toujours adaptées aux situations et à la réalité. Nous l’avons vu avec la publication de notre deuxième Bulletin Noir sur Blanc en février dernier, beaucoup reste encore à faire. Que l’on pense aux jeunes de plus en plus jeunes qui se retrouvent en situation d’itinérance ou à grand risque, que ce soit les familles qui éprouvent d’énormes difficultés à se loger, que ce soit les multi-problématiques (consommation, santé mentale, judiciarisation) des personnes accompagnées par nos groupes, pour ne donner que quelques exemples, le phénomène est réellement préoccupant. »
Pour le moment, la réponse gouvernementale est un Plan d’action interministériel en itinérance 2010-2013. Le milieu salue cette volonté des ministères à travailler ensemble, mais bien que des pistes d’actions intéressantes y soient ciblées, de l’avis du RSIQ, cela demeure une réponse insuffisante.
C’est pourquoi des représentants du CRIO se sont déplacés aux bureaux de Gatineau de la Commission des Droits de la personne et des Droits de la jeunesse (CDPDJ), afin d’y déposer une plainte au nom des personnes et des familles itinérantes ou à risque de le devenir de l’Outaouais, pour le non respect de leurs droits fondamentaux. Ruban sur la bouche, les représentants du CRIO illustraient par le fait même que trop souvent, les personnes itinérantes ou marginalisées n’ont pas voix au chapitre. Le CRIO espère que par son action d’aujourd’hui, jumelée à celles des autres régions, le Gouvernement saisira toute la gravité de la situation et qu’il ira de l’avant avec une Politique en itinérance tenant compte du droit de cité, du droit à un revenu décent, du droit au logement, du droit à la santé, du droit à l’éducation et du droit à un réseau d’aide et de solidarité. Il est d’ailleurs à noter que simultanément, à Montréal, le président de la CDPDJ, Me Gaétan Cousineau, recevait les représentants du Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), témoignant ainsi de l’appui de la Commission au RSIQ.
Depuis quatre ans, avec le RSIQ et les autres concertations régionales, le CRIO martèle de sa demande pour une Politique en itinérance. De nombreux appuis ont été signifiés au RSIQ, dont plus de 10 000 signatures de personnes, de groupes et de personnalités. Des alliés du RSIQ tels que la CDPDJ et le Barreau du Québec sont aussi convaincus que seule une Politique gouvernementale qui énonce une vision globale en termes de respect des droits sociaux pourrait permettre de solutionner cet enjeu complexe.
« Il est finalement important de souligner que le 20 avril dernier, le Conseil municipal de Gatineau adoptait à l’unanimité une résolution demandant au Gouvernement du Québec de rapidement se doter d’une Politique en itinérance. Nous espérons donc que forts de tous ces appuis solides et par cette autre journée d’actions partout au Québec, que notre message sera entendu et ne restera pas lettre morte » insistait Jenny Villeneuve, coordonnatrice du CRIO.
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« Adopter, dans les plus brefs délais, une politique en itinérance »,
recommande unanimement la Commission parlementaire
Gatineau, le 4 novembre 2009. Le Collectif régional de lutte à l’itinérance en Outaouais (CRIO) se joint au Réseau SOLIDARITÉ Itinérance du Québec (RSIQ) et trouve encourageant pour la suite des choses la recommandation unanime de la commission parlementaire sur l’itinérance en faveur de l’adoption, dans les plus brefs délais, d’une politique en itinérance, comme le préconise le rapport déposé ce matin à l’Assemblée nationale.
« Cette recommandation unanime, qui reflète bien le message largement exprimé tout au long des travaux de la Commission, doit être le signal pour la ministre déléguée aux Services sociaux, Madame Lise Thériault, d’aller de l’avant pour s’attaquer vigoureusement à la problématique de l’itinérance », souligne Marie-Claude Vézina, présidente du RSIQ.
Tel qu’ils le demandent depuis quelques années déjà, pour le RSIQ et ses membres, dont le CRIO, le gouvernement doit adopter une politique globale en itinérance. « Par sa vue d’ensemble qui lance un appel à la cohérence dans les actions à mener, une politique globale repose sur l'énoncé des droits des personnes itinérantes et constitue un outil positif tenant compte de la place que l’on doit leur reconnaître dans la société », précise la présidente du RSIQ.
Le RSIQ se réjouit également que les recommandations de la Commission touchent à la plupart des axes de son propre projet de politique : droit de cité, droit au logement, droit à l’éducation et droit à la santé. De plus, à l’instar de la Commission et du RSIQ, le CRIO espère lui aussi une meilleure reconnaissance et un financement adéquat et récurrent des organismes communautaires dans leur pratique, et ce, dans leur diversité. La situation actuelle du CRIO, qui n’aura plus de quoi maintenir une permanence afin d’assurer une continuité du travail de concertation des organismes, de prévention et de sensibilisation pour améliorer le continuum des services est un exemple flagrant des lacunes actuelles liées au financement telles que soulevées dans le rapport. Le CRIO rappelle également que les groupes en itinérance de l’Outaouais nécessitent aussi un financement supplémentaire leur permettant de répondre aux besoins toujours grandissants des personnes et familles itinérantes ou à risque de notre région. Le RSIQ et le CRIO sont toutefois déçus de la faiblesse des recommandations touchant la pauvreté. « Le droit à un revenu décent doit être reconnu par le gouvernement et des mesures pour le faire respecter doivent être mises en place afin de réduire l’itinérance », ajoute Jenny Villeneuve, coordonnatrice du CRIO.
En terminant, le CRIO indique qu’avec le RSIQ et ses autres partenaires au Québec, il restera vigilant et mobilisé durant les prochains mois, afin que cet important rapport ne reste pas lettre morte. « Avec l’ampleur dramatique qu’a prise l’itinérance dans de trop nombreuses régions au Québec, dont l’Outaouais, le gouvernement doit être saisi de l’urgence de répondre aux besoins en adoptant une politique globale et en déployant les ressources nécessaires », presse Jenny Villeneuve.
Pour accéder au Rapport de la Commission "Itinérance: agissons ensemble"

ITINÉRANCE
Pour une Politique plus qu’un plan d’action
Devant l’imminence du dépôt d’un rapport de la Commission parlementaire sur l’itinérance, une question continue de se poser dans la communauté des organismes communautaires : le gouvernement du Québec optera-t-il pour un plan d’action OU pour une politique en itinérance ?
Une première réponse gouvernementale est venue en septembre 2008 et a pris la forme d’un cadre de référence produit par le ministère de la Santé et des Services sociaux, qui marquait une reconnaissance de l’enjeu, sans y apporter les réponses adéquates. Il est vite apparu que la Santé ne pouvait agir seule et qu’elle devait interpeller d’autres secteurs. Actuellement, différents ministères et institutions sont donc réunis pour produire un plan d’action interministériel en itinérance, dont la ministre responsable du dossier, Lise Thériault, annonce la sortie pour cet automne. De son côté, le Réseau SOLIDARITÉ itinérance du Québec (RSIQ) ainsi que ses partenaires, dont le Collectif régional de lutte à l’itinérance en Outaouais (CRIO), demande une Politique en itinérance. Certes, le plan d’action pourrait constituer une réponse adéquate, d’autant plus qu’il est global comme nous le demandons… Pourtant, ce n’est pas le cas.
La nécessité d’une vision plus globale et de la priorisation du phénomène
Une Politique en itinérance repose sur une nécessité que la société québécoise et civile se positionne en faveur de l’amélioration à long terme des conditions de vie des personnes itinérantes et du respect des droits de tous les citoyens. Elle énonce une vision qui repose sur un changement de valeurs, la priorisation du phénomène et des principes d’action. Nous sommes d’avis qu’il faut un engagement du gouvernement du Québec à améliorer la situation en effectuant des changements en profondeur. Bref, il faut établir des fondements avant de concevoir un plan d’action.
Une Politique repose sur l’énoncé des droits des personnes itinérantes et constitue un outil positif qui tient compte de la place que doit avoir une personne itinérante dans la société : une citoyenneté à part entière. De son côté, le plan d’action s’attarde à des problèmes spécifiques. Il circonscrit la situation d’itinérance en n’ayant pas l’obligation de prendre en compte la question de droit.
La vision contenue dans une Politique est son moteur d’action. Un plan d’action sans Politique au préalable met davantage l’emphase sur le règlement de problèmes sans une réelle vision concrète pour l’avenir.
Des assises communes plus que la recherche d’un dénominateur commun
La volonté contenue dans la Politique est d’avoir une cohérence dans les actions menées par le gouvernement. Bref, que la main droite fasse la même chose que la main gauche, ce qui n’est pas le cas actuellement. Le meilleur exemple concerne l’espace public : de la main gauche, l’État finance des organismes d’aide (Santé et Services sociaux); de la main droite, il criminalise et judiciarise des personnes itinérantes (Sécurité publique et Justice).
La Justice, les Affaires municipales, la Santé, l’Emploi et la Solidarité sociale, l’Habitation et les autres doivent agir selon les mêmes paradigmes et les mêmes principes. Pour cela, la Politique prend tout son sens. Elle va au-delà de la concertation et de la discussion. Elle suppose l’adhésion de tous les acteurs à des droits et des principes d’action, un caractère cadre et un engagement. Ceci pourrait entre autres se traduire en combinant un grand chantier de logement social (Affaires municipales) et le soutien communautaire pour un grand nombre d’unités (Santé et Services sociaux).
Le plan d’action ne repose pas sur des assises communes, mais cherche un dénominateur commun où les secteurs présents vont tenter de s’entendre. Chacun y participe avec sa culture, ses besoins et ses exigences. La recherche du consensus va s’avérer difficile dans un contexte où les assises ne sont pas circonscrites dans un document cadre. Une fois les limites de ce consensus atteintes, le plan d’action ne comportera pas d’action structurante parce que l’adhésion des différents secteurs ne sera pas du même niveau et que chacun continuera à y chercher son intérêt.
Une Politique à long terme : éviter le piège du mandat d’un gouvernement
« Au lieu de travailler sur tout l’ensemble, on fait des choix et on met nos énergies sur des objectifs à atteindre rapidement. Et personnellement, dans le cadre de l’itinérance, je pense qu’on est davantage dans une approche de plan d’action que dans une approche de politique. » (Roger Paquet, Sous-ministre du MSSS, octobre 2008).
L’avantage du plan d’action est effectivement que les résultats sont rapidement mesurables. Cette option a cependant le défaut de ses qualités : ses assises et sa durée de vie sont à court terme. Après quelques années, l’épuisement des crédits liés au plan, le changement de gouvernement ou encore de responsable de dossier, le plan survit difficilement. Pourtant, la question de l’itinérance ne peut pas être vue que dans un sens purement opérationnel.
C’est pourquoi nous demandons une Politique en itinérance, fort de l’appui du milieu communautaire, du Barreau du Québec, de la Commission des droits de la personne (CDPDJQ), de plusieurs villes au Québec, dont Gatineau, et partis des d’opposition.
Nous croyons qu’il est temps que le gouvernement du Québec s’appuie sur de nouvelles valeurs et de nouveaux paradigmes. Une vision globale du phénomène et des pistes d’actions doivent reposer sur des assises à long terme. Le but d’une Politique est de travailler sur l’ensemble et non de discriminer nos décisions en fonction des rendements que celles-ci peuvent apporter.
L’heure est au développement durable, qui n’est pas seulement une notion purement environnementale ou économique. Pourquoi ne pas transposer cette notion aux citoyens et citoyennes, et ce, dans le plein exercice des droits sociaux? C’est ce que nous demandons pour les personnes itinérantes.
Jenny Villeneuve (Collectif régional de lutte à l'itinérance en Outaouais - CRIO)
Marie-Claude Vézina (Table de concertation sur l'itinérance de Sherbrooke)
Joël Castonguay (Regroupement pour l'aide aux itinérants et itinérantes de Québec - RAIIQ)
Pierre Gaudreau et François Villemure (Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal - RAPSIM)
Martine Martin (Table itinérance de Saguenay)
Jacinthe Dorr (Table itinérance de Drummondville)
Jean Casaubon (Table de concertation sur les sans domicile fixe de la Rive-Sud)
Janie Fortin (Réseau des organismes et intervenants en itinérance de Laval - ROIIL)
André Trépannier (Réseau SOLIDARITÉ Itinérance du Québec-RSIQ)
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12 mars 2009, Bureau de Norman MacMillan, secteur Buckingham



Jenny Villeneuve, coordonnatrice du CRIO et Diane Tremblay, présidente, accompagnées d'une vingtaine de membres ont remis à Mme Sylvie Descoeurs, attachée politique de Norman MacMillan, ministre responsable de la région de l'Outaouais, une affiche géante pour démontrer l'urgence d'adopter rapidement une politique en itinérance au Québec.
Pour une POLITIQUE en itinérance: Plateforme de revendications du Réseau SOLIDARITÉ Itinérance du Québec (RSIQ)
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UNE POLITIQUE EN ITINÉRANCE : C’EST UNE URGENCE!