Embourgeoisement

En réaction aux effets négatifs de l’embourgeoisement, les membres du CRIO ont décidé de se doter d’une déclaration de principes sur cette question. Le CRIO défend l’idée que la lutte contre l’exclusion passe principalement par la promotion du droit à la citoyenneté. La citoyenneté pleine et entière ne peut être réalisée que si l’ensemble des droits fondamentaux sont garantis. Le CRIO reconnaît donc aux personnes itinérantes le droit de cité : le droit de circuler dans l’espace public, le droit d’occuper une place dans la ville, le droit d’être visible dans le paysage urbain et le droit d’y prendre parole. Il faut reconnaître aux personnes en situation d’itinérance le droit d’occuper l’espace public comme tout autre citoyen.

 

Revendications

À court terme, nous nous opposons à toute nouvelle construction de tour à condos et à bureaux au centre-ville. Plus largement, nous revendiquons une modification de certains règlements municipaux dont l’application est discriminatoire à l’endroit des personnes en situation d’itinérance, ayant des visés de déplacer ou d’exclure ces personnes. Les pratiques de répression et d’intimidation empêchent les personnes en situation d’itinérance de circuler dans un secteur, un quartier ou une ville et, par conséquent, rendent difficile la fréquentation des ressources communautaires qui y sont implantées. Dans l’optique d’une cohabitation, nous désirons que l’espace public soit aménagé afin de permettre à tous d’y avoir accès et de l’occuper, y compris les personnes itinérantes. Nous voulons également dépénaliser les pratiques de sollicitation dans l’espace public telles que la quête, le squeegee ou le travail du sexe, qui permettent aux personnes de se procurer un revenu de survie.

 

Le syndrome «pas dans ma cour» progresse partout

Le phénomène du «pas dans ma cour» repose sur le préjugé selon lequel la présence de personnes en situation d’itinérance engendre l’apparition de problèmes dans un quartier : bruit, délinquance, insalubrité, pratiques de consommation de drogues, etc. Les propriétaires immobiliers craignent souvent la baisse de la valeur marchande de leur propriété alors que les élus redoutent une détérioration de l’image de leur quartier et ses conséquences négatives sur le tourisme ou le commerce. Certains discours politiques encouragent les préjugés et alimentent le «pas dans ma cour»; des mesures réglementaires viennent lui donner un poids.